Parlons français

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Une image utilisée autrefois par Nicole Hunter Mostafa

Est-ce que la langue française a perdu toute poésie à mes yeux?

Non, pas encore. Et j’essaye à travers ce blog de me réapproprier ma langue.

C’est assez drôle car mon “moi” du passé, celle qui ne pouvait pas retenir les listes de verbes irréguliers en anglais (un vrai combat perdu d’avance) et qui pouvait encore moins essayer de prononcer une phrase sans que le rouge de la honte ne monte à ses joues, n’aurait jamais imaginé pouvoir un jour communiquer assez aisément dans cette langue.

Alors, imaginer que l’anglais pourrait un jour piétiner mon français, c’était trop irréaliste pour que je puisse même l’envisager!

Et pourtant, j’en suis là. A balbutier parfois lorsque je parle en français à un francophone. A ne plus savoir écrire correctement. Mes doigts restent suspendu au-dessus de mon clavier tandis que je réfléchis sur les conjugaisons. Ma langue semble pâteuse et fainéante.

Bref, les mots ne glissent plus sur ma langue comme des bonbons ronds.

Pourtant, c’était là une image qui me venait souvent à l’esprit enfant lorsque j’imaginais dans ma tête les voix de mes personnages préférés de romans. Chaque mot était comme une friandise ! J’adorais les mots rares et nouveaux. J’aimais écrire de la poésie et des lettres à ma cousine A. Et j’aimais me raconter des histoires alors que nous roulions en voiture, ma famille et moi.

Le plaisir d’écrire et de lire, en français, était bien vivant en moi.

Puis, le Destin m’a envoyé au Canada. Soudain, je ne pouvais plus acheter un livre par jour (oui, j’étais addict!). D’abord, et surtout, car mon budget ne fut plus le même. Les prix non plus d’ailleurs … Ensuite, car j’étais une acheteuse compulsive de livres, oui, mais en librairie uniquement.

En effet, comment craquer sans entrer dans une librairie? Feuilleter l’ouvrage. Reconnaître le nom de mes auteurs favoris sur la première de couverture. Se promener le long des allées à la recherche de nouveautés.

Heureusement, depuis mon fils est nait. Et avec lui, le retour de la lecture.

Nous allons chaque semaine à la librairie pour remplir deux sacs pleins de livres d’enfants. Alhamdulelah. Et même si l’anglais domine la danse, j’essaye toujours d’inclure quelques ouvrages en français pour lui, et ce, même si les tournures québécoises qui s’y glissent parfois me font toujours un peu hausser le sourcil.

Mais c’est cela aussi le français, c’est la diversité. Et puis, est-ce que mon fils n’est pas canadien 😉 ? Les tournures québécoises en ce sens lui appartiennent donc aussi (merci la grosse remise en question sur mon petit ethnocentrisme ridicule).

Avec tous ces livres à la maison, je me suis remise à lire. D’abord, pour mon fils (obviously) (ces livres ne vont pas se lire tout seuls). Ensuite, et de plus en plus, pour moi-même.

Là encore, l’anglais domine. Mais je fais un effort conscient pour accueillir des ouvrages en fançais de temps en temps.

Je pense que la prochaine étape serait de lire, ou de relire, des romans en français.

Pour le moment, je ne me sens pas vraiment inspirée (que choisir?), surtout que je suis dans une phase où mon dada est de lire des livres “éducatifs” (konmari, rae pica, etc.).

Mais je sens que c’est là que se cache la beauté de la langue française dans mon inconscient. Celle-là même qui me faisait lire en cachette dans ma chambre, jusqu’à l’aube, lorsque j’étais au collége. Celle-là même qui me tenait compagnie dans les cours d’écoles, puis durant mes trajets de RER et de métro parisiens.

Est-ce que vous auriez des titres à me proposer?

Note: je réalise que cet article ne serait pas complet si je ne mentionnais pas Nicole Hunter Mostafa. Qu’Allah lui ouvre les portes du Paradis. Cette  femme incroyable m’inspire aujourd’hui tout autant, sinon plus, que lorsqu’elle était encore parmis nous. Et cela, c’est tout elle.

Il y a quelques jours, alors que je cherchais sur le web des articles qu’elle aurait écrit pour d’autres sites (elle était une plume incroyable), je suis tombée comme par magie, Alhamdulelah, sur son compte Goodreads.

Car, voyez-vous, Nicole n’était pas qu’une plume, elle était aussi une lectrice passionnée et critique. En lisant, plutôt trés émue, ses critiques littéraires, ses coups de coeurs et … juste ces petits bouts d’elle, là, offerts et incroyablement poignants au vu des circonstances, j’ai soudain réalisé comme mon appétit littéraire romanesque était éteint.

Et c’est là que j’ai pris la décision d’y remédier.

Qu’est-ce qu’une vie sans romans? Certainement pas une vie que Nicole aurait aimé.

N’oublions pas Nicole dans nos prières. Et n’oublions pas ses filles ni sa famille américo-saoudienne.

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