Finding My Talk

418rm58xq6l-_sx331_bo1204203200_

Mon livre du moment est vraiment captivant, alors pourquoi ne pas vous en parler ? Il s’agit de “Finding My Talk” d’Agnès Grant avec pour sous-titre “How Fourteen Native Women Reclaimed Their Lives after Residential School”.

Au cas où vous ne le saviez pas, le Canada vient de fêter “Thanksgiving”.  Ma famille refuse de prendre part à cette célébration, qui n’est pourtant pas religieuse, car nous tenons à visiblement soutenir les peuples natifs durant cette journée qui symbolise pour eux la colonialisation, les massacres, la perte de leurs identités et plus encore.

A ce jour, les peuples natifs, que cela soit aux Etats-Unis d’Amérique ou au Canada, souffrent toujours des conséquences des persécutions du passé et aussi, malheureusement, d’un racisme encore bien vivant.

Par-conséquent, quelques jours avant “Thanksgiving” j’ai passé une petite commande à ma bibliothèque de quartier. Mon panier contenait donc ce livre mais aussi un autre sur la cuisine traditionnelle des peuples natifs, un autre sur leurs remédes et enfin un livre sur la cuisine des premiers colons. Ma façon à moi de passer ce jour, en essayant de mieux connaître l’Histoire de ce pays que j’habite en m’intéressant surtout à ses premiers habitants.

Je tiens, avant d’aller plus loin, à préciser que nous devons tous examiner l’Histoire de nos propres pays respectifs avant de pouvoir juger celle du Canada. En effet, je pense que le passé est bien sombre pour beaucoup de pays. Concernant mon pays, la France, dit pays des Droits de l’Homme et de la liberté, il faut savoir que nous avons été un empire colonial qui a causé beaucoup de souffrances pour d’autres peuples. Par-exemple, nous avons littéralement saccagé l’Algérie pendant un siécle portant atteinte à toute une culture, une langue et ses habitants.

Nous avons aussi ramenés des fantômes au pays, nos propres démons intérieurs, le racisme et l’islamophobie, en poursuivant la destruction de ces “autres”, maintenant français pourtant, leur refusant des libertés dont nous avons la vantardise de nous réclamer (par-exemple la liberté d’expression, le droit à l’éducation ou encore l’accés au monde du travail).

Voir iciici ou encore ici pour aller plus loin.

Je me souviendrais aussi toujours d’une femme, rencontrée lorsque je vivais encore en France, qui connaissait tout de la France puisque son pays avait été colonisé et que l’on lui avait appris à l’école notre histoire (la Gaule, les Romains, les invasions barbares, etc.) mais rien à propos de la sienne. De mon côté, j’ignorais jusqu’à l’existence de son pays !

Revenons à présent au sujet de mon post, le livre d’Agnès Grant. Bien que l’auteure ne soit pas native elle-même, son livre fait honneur à quatorze voix de femmes natives. Elles sont les vraies narratrices de ce livre, l’écrivaine ne faisant que rapporter leurs paroles. Non seulement elles décrivent en partie leurs expériences des écoles résidentielles canadiennes (en gros, pensez torture émotionnelle, psychologique et physique) mais elles partagent aussi et surtout les conséquences qu’ont eu sur elles ces écoles sur le long terme. Enfin, ce livre est aussi avant tout un message d’espoir pour l’ensemble des peuples natifs de l’Amérique du Nord puisque ces récits témoignent de femmes qui ont non seulement repris le contrôle de leurs vies et de leurs identités, mais aussi combattues vaillamment, chacune à sa façon, pour la cause dite indienne.

Quelques passages maintenant que je souhaite partager:

  • page 15, Eleanor Brass nous dit (via l’auteure qui rapporte sa voix) “A report from the United Church, published by the Leader Post in 1956 began, “Most reserve Indians are lazy, immoral, non-social and unambitious”. This report aroused such indignation amng Indian people that Hector and Eleanor were asked to write a rebuttal. They compiled information, citing facts and figures, which discredited the whole United Church report.”
  • page 28, le frère de Ida Wasacase, Colin, nous dit (via l’auteure qui rapporte sa voix) “Colin believes that he became cunning and manipulative as a result of his treatment at the school, and he certainly became a thief, as did many children in the schools, because of the chronic food shortages.”
  • page 37, la poétesse Rita Joe nous dit (via l’auteure qui rapporte sa voix) “She believes Aboriginal history and the role of Aboriginals during and after colonization would have being different if they had been able to express themselves. She points out that the distortions created by biased and incomplete documentation have done more harm than can be imagined. […] She knows that being a stranger in one’s land is very sad, but she is hopeful that as Aboriginals speak out this can be turned around.”

Je pourrais continuer longtemps à partager des citations de ce livre tant je trouve que chacun de ses mots est essentiel. Mais il me faut maintenant conclure.

Ma conclusion sera simple, lisez ce livre. Vraiment. Vous ne le regretterez pas.

Aussi, comme toujours, sachons nous remettre en question. “Nous” étant à la fois une référence à soi-même et à notre identité collective de nation.

N’ayons pas peur d’aller vers les Autres. Apprenons à partir à la rencontre de ceux-là même qui nous font peur (à cause des médias et de nos politiques).

Ne laissons pas les pouvoirs en place nous séparer et semer la haine dans nos coeurs.

Ce livre m’a frappé en plein coeur car c’est un rappel et un appel, mais aussi une mise-en-garde pour le monde d’aujourd’hui qui voit la montée des nationalismes prendre d’assaut le haut de la scène.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s